Le 20 novembre dernier, a été célébrée la ratification, par la France, de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant. 22 ans après cette ratification, il est bon de faire le point sur cette convention et particulièrement sur son application dans notre pays.
En premier lieu, rappelons-nous que la France avait créé un poste de défenseur des enfants chargé selon le texte de « défendre et de promouvoir les droits de l’enfant ». La pertinence de cette décision était une évidence pour le politique qui devait, par décret en Conseil des Ministres, en fixer la fonction et la durée du mandat. En 2009, et malgré l’opposition des associations, le Gouvernement décide de mettre fin aux fonctions de Madame Versini alors en place. Cette décision est une première entorse dans les engagements pris par notre pays au bénéfice des enfants.
Bien d’autres entorses vont suivre, toutes plus importantes les unes que les autres. Tandis que la Convention prévoit que « les Etats prennent toutes les mesures appropriées pour que l’enfant soit effectivement protégé contre toutes formes de discrimination ou de sanction motivées par la situation juridique, les activités, les opinions déclarées ou les convictions de ses parents », certains enfants voient amener leurs parents en détention parce qu’ils sont en situation irrégulière et souvent les enfants eux-mêmes les accompagnent. C’est pourtant bien le texte ratifié par la France en 1989.
S’ajoute le refus d’inscrire, sur les registres d’état civil, les enfants nés par gestation pour autrui et sont ainsi privés du droit à la nationalité. Pourtant, la Convention précise que « l’enfant est enregistré aussitôt sa naissance et a, dès celle-ci, le droit à un nom, le droit d’acquérir une nationalité ».
Le droit au regroupement familial est lui aussi inscrit dans la Convention : « Les Etats veillent à ce que l’enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré ». Voyez les difficultés et mesurez la distance avec ce texte dans son application en France. Il s’agit pourtant d’un droit imprescriptible qui est « Le droit de vivre en famille ».
Le droit de l’enfant à la santé est également inscrit dans ce texte, à l'article 24 : « Les Etats reconnaissent le droit de l’enfant de jouir du meilleur état de santé possible et de bénéficier de services médicaux et de rééducation ». Parlez-en aux enfants qui vivent dans des logements insalubres, aux 85 000 victimes d’intoxication au plomb et aux 150 000 qui, chaque année, sont placés à l’aide sociale à l’enfance et qui, pour beaucoup d’entre eux, le sont parce que vivant dans la précarité sociale de leur famille. Ajoutons les restrictions d’accès aux soins liées aux politiques publiques : Déremboursements, augmentation du prix des complémentaires de la santé, augmentation du forfait hospitalier…
Sans parler des articles 27 et 31 qui déclinent le droit à un niveau de vie décent, au droit au loisir et que l’on spécifie comme devant être « suffisant pour permettre son développement physique, mental, spirituel, moral et social ». Qu’on dise cela aux 2 millions d’enfants qui vivent sous le seuil de pauvreté et aux jeunes plus généralement, notamment aux 18/25 ans, mais il est vrai qu’ils ne sont plus des enfants.
L’Udaf dont la vocation première est la défense des intérêts matériels et moraux des familles n’a cessé d’alerter les pouvoirs publics sur cette situation. Elle constate que loin de s’améliorer, elle va en s’aggravant chaque jour car si l’on n’intervient pas pour améliorer le pouvoir d’achat des familles, pour leur permettre de bénéficier de services publics en nombre et en qualité suffisants, on pénalise chacun de ses membres et notamment les enfants. N’oublions jamais qu’ils préfigurent notre avenir!
Hassna Jamjama
La Convention Internationale des Droits de l'Enfant - Unicef (Texte intégral) 